ASSIGNAN  (Hérault) 

Entre causse et terres rouges ... La tour féodale...


La commune d'ASSIGNAN (168 habitants, 794 hectares) fait partie du canton de Saint-Chinian, arrondissement de Béziers, département de l'Hérault. Le village, à l'altitude moyenne de 270 mètres, offre une grande variété dans le relief, causses au Nord et plaine au Sud. Il s'abrite autour de son ancien château dont la tour médiévale est le seul vestige. Les habitations se rassemblent près de la mairie et de l'église. C'est un fait rare, il n'existe pas de hameaux contrairement aux communes limitrophes Saint-Jean-de-Minervois,  Villespassans, Pardailhan, Saint-Chinian et Babeau-Bouldoux. Deux routes départementales (D 177 et D 178) se rejoignent près de l'église et assurent une communication facile avec le chef-lieu de canton.  

La richesse archéologique est attestée par les abris sous roche de Mounio, les traces de l'ancien chemin romain ou voie stratégique Cami Farat ou via major qui allait de Quarante dans l'Hérault à Lacaune dans le Tarn. Elle était jalonnée de postes de défense, de tours de guet et de châteaux protecteurs comme le Mascastel, Pardailho, le fort d'Assignan. Les dolmens sont nombreux et ces monuments se sont mieux conservés quand ils étaient perdus dans les garrigues ou enfoncés dans une épaisse végétation. Citons le dolmen de Mounio et l'allée couverte du Bois de Monsieur. 


La mairie et la tour féodale

  
Vue aérienne du village

Le village tire son nom du romain Asinius qui avait fondé sa villa et que des fouilles, entreprises ici ou là, ont confirmé son existence par la découverte de tuiles, de tombes, d'amphores, de poteries et de divers sarcophages. La première mention écrite date de 936 et Asinianum est cité dans la charte de fondation de l'abbaye de Saint-Pons. En 1126, Assignan fait partie du domaine des vicomtes de Minerve et subit les affres de la Croisade albigeoise. En pays d'église, la seigneurie était partagée entre l'abbé de l'abbaye de Fontfroide, l'évêque et le chapitre de l'église de Saint-Pons. Plus tard, la riche maison de Brettes de Thurin, originaire du comté de Narbonne, tient la seigneurie. Au 18ème siècle, Henri de Cravarolles, seigneur de Villespassans, conseiller au Parlement de Toulouse, la possédait comme engagiste de ce seigneur. Il y avait donc une place forte dont les constructions ont disparu au fil des temps. Seules les tours, l'une dite féodale et l'autre dite du Pigeonnier laissent entrevoir ce que pouvait être ce château qui défendait l'ancien bourg fortifié. 


Le clocher de l'église


Le blason

L'ancienne chapelle Saint-Pierre ou Sant-Peyre Farat est citée dès 940. Il s'agit probablement d'un édifice datant des premiers siècles du christianisme (4 ou 5ème siècle). Les ruines sont situées au sommet d'une petite colline à 335 mètres d'altitude à la limite avec Saint-Chinian. L'église paroissiale Saint-Pierre est une construction du 17ème siècle (1604) possédant une nef à trois travées, couverte d'un berceau plein cintre qui porte à la clé la date de 1701. L'abside semi-circulaire est voûtée en cul de four. De nombreuses croix de chemin sont dispersées sur le territoire communal.


Ancienne chapelle Sant-Peyre


Intérieur de l'église

La vie au village était rude autrefois car on manquait d'eau. La commune occupe un plateau rocailleux avec un sol essentiellement perméable à la surface qui ne retient pas du tout l'eau. on a quand même trouvé un bon filet d'eau en contrebas du village dans les terres rouges. Il existait, au 19ème siècle, une source minérale aux vertus diurétiques appelée Fontaine de la cabosse. La dépaissance des bêtes à laine était la principale ressource des habitants grâce aux pâtures, hermes et bois. L'activité économique était essentiellement agricole et on récoltait le blé touzelle, le seigle, l'avoine et les châtaignes. Mais de nos jours, la vigne est omniprésente. 185 hectares produisent un vin de qualité, principalement des AOC blancs, rosés et surtout rouges faisant partie du cru Saint-Chinian.

Les circuits de découvertes sont intéressants comme ceux des Barralets et des Bousigues. Le Causse offre un dépaysement aux promeneurs bien équipés et avertis des embûches. Une partie du territoire est classée Zone Natura 2000 à cause du triton marbré qu'une mare communale, jamais asséchée, abrite en permanence. il n'est pas rare de voir, au hasard des promenades, le lézard ocellé de couleur verdâtre se réchauffer au soleil.


La Mairie


La mare Natura 2000

La dictée d'Assignan

Avec l'opportunité de faire un crochet par Assignan, une visite s'impose en ces lieux plein de charme et de discrétion.  Le causse pierreux aux calcaires blanchâtres, les terres rouges et au milieu le village avec sa tour, son église et ses vieilles pierres doivent attirer notre attention et nous interpeller dans le sens le plus favorable.



HISTOIRE  D'ASSIGNAN (Hérault)
Les Cahiers de Minerve n.18

Éditorial

Préface de Monique ESTRABAUT
Maire de Assignan

Illustré,  135 pages, 2006.
Prix : 20 € 
(port en sus).

ISBN: 2-915600-01-5

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