AIGNE  (Hérault) 

Riche passé archéologique... Circulades, mille ans d'histoire...



La commune d'AIGNE (236 habitants, 1094 hectares) fait partie du canton d'Olonzac, arrondissement de Béziers, département de l'Hérault. A 145 mètres d'altitude, elle offre une grande variété  dans le relief et sur le plateau, le village s'engourdit aux chauds rayons du climat méditerranéen. Son vignoble Minervois est très réputé. Les habitations se groupent dans et autour de la circulade et les hameaux ou métairies sont peu nombreux. Citons Laprade, Les Moulières, Plodavi, Les Tuileries et Viviers.


La commune d'Aigne

La route départementale 910 d’Olonzac à Aigues-Vives, seule artère vitale, traverse le village d’AIGNE sur toute sa longueur, épargnant ainsi sa partie médiévale. La seule rue de l’agglomération de l’époque médiévale est bordée d’un côté, par des maisons qui s’adossent aux remparts du 14ème siècle et de l’autre, par celles qui sont accolées aux murs du vieux château. 

La forme circulaire des habitations, entourant l’église paroissiale Saint-Martin et sa minuscule place, fait penser à un escargot. Et c’est pour cela, que des panneaux aux graphismes stylisés, ornent les entrées du village et annoncent : AIGNE, circulades, 1000 ans d’histoire.



  La mairie et l'agence postale

  
Vers la cave coopérative


L'escargot d'Aigne

 Les Romains sont restés longtemps les maîtres de la région et Nîmes, Béziers ou Narbonne et ils ont conservé des monuments imposants. Dans les campagnes, les Gallo-romains ont laissé des vestiges modestes mais intéressants. Ce sont les chemins ou les noms que l’on retrouve un peu partout. Il y a aussi les débris de poteries, les monnaies, les tuiles, les restes d’amphores ou les tombes construites en pierre et recouvertes de larges dalles ou lauzes.

Il faut signaler qu’une voie romaine allait d’Aigne à Minerve par Saint Abdon, une autre allait d’Aigne à Beaufort. A Saint-Michel devait se trouver une villa romaine qui aurait livré quelques indices sous forme de tuiles, poteries, peintures, briquettes… A La Prade, aux Mouleyres, à Sainte Léocadie, aux Clauzes et à La Lèque se trouvaient des villas romaines. La première a livré des peintures murales, une main en bronze et autres et  la seconde, en plus des tuiles, des dolia et amphores du campanien.


Panneau circulades 

Intérieur de l'escargot


Des restes de l’ancien bourg, il existe la circulade célèbre de l’an mil, dit escargot d’Aigne, nom donné par la forme même des bâtiments qui entourent l’église paroissiale Saint-Martin, point central du village. Aux temps des vicomtes de Minerve, Aigne était une dépendance du château de Minerve, sous la protection de l’avant-poste de garde de Lacaune sous Minerve (La Caunette de nos jours). C’était un domaine agricole situé sur un plateau aux eaux de surface inexistantes, complètement isolé des grandes voies d’invasion et de communication, mais livré à l’élevage des bêtes à laine et aux maigres cultures grainetières et fourragères.

Entrée de l'escargot

École et Monument aux Morts


L’église paroissiale est dédiée à Saint Martin. Les autres saints invoqués à Aigne sont Saint Michel, Saint Abdon, Saint Sennen, Sainte Léocadie et Sainte Luchaire. Quant à Saint Martin, patron de l’église paroissiale, son culte en Gaule commence dès le 5ème siècle et les églises, qui lui sont consacrées, sont très anciennes. 

On peut souligner quelques particularités. Le clocher se raccorde mal à l’église. Il appartient vraisemblablement à l’édifice antérieur de même que l’autel préroman. L’église a été ruinée lors des Guerres de Religion et sa reconstruction (1627) est maladroite, ce qui est surtout visible au niveau des arcatures lombardes. La nef romane a trois travées. Les arcs doubleaux ont été modifiés ultérieurement. L’abside est voûtée en cul de four. Le bas-côté gothique a été ajouré au 14 ou 15ème siècle. La Porte des Morts, au Nord, donnait accès au cimetière. La porte actuelle date de la réfection au 17ème siècle. La sacristie est en réalité une chapelle funéraire privée sous le vocable de Saint-Jean. Elle abrite la sépulture de Jean Issanchon de la Rouquette, viguier de la baronnie d’Aigne et de La Caunette en 1648. Cette chapelle a été donnée à la paroisse en 1769 par Dame Bibal de la famille d’Issanchon et rattachée ultérieurement. A cette époque, elle était extérieure à l’église. 

Dans l’église, il y a lieu de remarquer derrière le rétable du bas-côté, des fresques découvertes en 1986 que l’on pourrait dater du 17ème siècle. A la base de la tour-clocher, la piscine liturgique est dans une niche dont l’encadrement est du 14ème siècle. Dans la niche, également une pierre creusée est un autel-cippé confectionné dans un cippe romain (entre  4 et 8ème siècle) ou un pied d’autel. La grille de communion qui ceinture l’abside et la Vierge dorée sont du 18ème siècle. Les cloches sont au nombre de trois. La première date de 1616 et elle est classée depuis 1942 La deuxième cloche (Marie-Marguerite) pèse 152 kg et la troisième (Thérèse-Françoise) 76 kg. Toutes les deux ont été bénites par le curé Fabre le 4 juin 1843.  
 


Clocher de l'église Saint-Martin


Étiquette du vin de Saint-Abdon

Balade sur les terres du vicomte de Minerve


Une visite s'impose aux caveaux d'Aigne car le Cru Minervois valorise le patrimoine viticole de la région. Ne pas oublier que l'escargot est une curiosité architecturale importante et un petit détour par le village d'Aigne est absolument nécessaire.



HISTOIRE  D'AIGNE (Hérault)

Les Cahiers de Minerve n. 19

 

Préface de Yves FRAISSE
Maire d'Aigne

Illustré, 137 pages. 2008
Prix : 20 € 
(port en sus).
ISBN: 2-915600-03-1
En préparation
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