LES  CHEMINS  DE  FER  DE  NORMANDIE 

La ligne de Motteville à Ouville-la-Rivière

Balade sur les traces du Tortillard en Pays de Caux



En 1909, le département de la Seine-Inférieure concède à Monsieur Émile Laborie l'établissement et l'exploitation de la ligne de chemin de fer d'intérêt local à voie métrique de Motteville à Ouville-la-Rivière. Le 16 mars 1912, l'exploitation est autorisée, les essais des ponts métalliques sont jugés conformes aux règles de sécurité. la ligne est ouverte pour ce train dit le tortillard (16 mars 1912-1er mars 1947).


Affiche illustrée inédite concernant  les Chemins de Fer de Normandie


Plan des deux lignes des Chemins de Fer de Normandie (CFN)


Les horaires à compter du 6 octobre 1923

En cette époque, le train n°1 de 6 h 10 du matin va emprunter le circuit suivant : Départ de la gare d'Ouville-le-Rivière, arrêt à Ribeuf, gare de Gueures-ville (km 2,7), arrêt à Gourel, halte à Brachy, arrêt à Saint-Ouen sur Brachy, halte à Rainfreville-Tocqueville, halte à Biville-la-Rivière (km 11), gare de Saâne-Saint-Just/Saint-Laurent (km 12,6), Auzouville sur Sâne, arrêt au Mesnil-Mascarel (Thiédeville), arrêt d'Imbleville, gare d'Anglesqueville sur Saâne (Val de Saâne), arrêt de La Fontelaye, arrêt de Bourdainville (km 23,4), halte du Mesnil Carpentier, gare de Yerville (km 26,9), arrêt du Bosc-Mauger et du Bosc-Renoult et enfin c'est l'arrivée en gare de Motteville (km 32,3) à 7 h 55. Il faut faire le plein de charbon et d'eau, vérifier les niveaux d'huile, retourner la machine pour faire le trajet en sens inverse. Nous sommes en octobre 1923 et d'après les horaires officiels des Chemins de Fer de Normandie de ce temps-là, nous allons donc faire ce petit voyage et emprunter

                  LE  TRAIN  n°2  DE  8 h 40  DU  MATIN
  


Le Tortillard dans toute sa splendeur



La gare de Motteville-CFN

MOTTEVILLE-CFN
(Seine- Inférieure)


Panneau au fronton de la gare de Motteville


En-tête de la Compagnie

Le train est composé d'une locomotive Corpet et Louvet de type 130 T et de trois wagons. Le chemin de fer assure à ses débuts trois aller et retour par jour afin de relier Motteville à Ouville-la-Rivière. Il est 8 h 40 du matin, le soleil va dissiper ce brouillard habituel en cette saison. Le petit convoi va quitter la gare de Motteville-CFN (altitude 143 mètres) et laisser de côté la station de l'État sur la ligne Paris-Rouen-Le Havre. Un joli panache de fumée et un coup de sifflet strident du chef de gare vont permettre au train chargé de voyageurs et de marchandises les plus diverses, de démarrer. Il faudra 1 h 25 pour faire le trajet complet, sans compter les imprévus naturellement. Le concessionnaire de la ligne assure, à qui veut l'entendre, que les correspondances à Gueures et à Ouville-la-Rivière seront assurées comme d'habitude.

Le train transporte des marchandises variées comme du sable, du charbon, des ardoises, de la fonte, des engrais et toutes celles qui peuvent servir à l'artisanat et au commerce de la région. On peut encore citer le transport des liqueurs, du savon, du champagne, des fûts de bière, des vins de Bordeaux et de Bergerac, des vélos, de la vaisselle et autres. Les produits exotiques comme le riz, le rhum et les épices arrivent du Havre par bateaux et sont ensuite expédiés dans tout le département. Mais force est de constater qu'une multitude de produits divers arrivent dans les endroits les plus reculés du Pays de Caux. Du fait de la facilité du transport à un prix plus abordable, les produits sont accessibles à un plus grand nombre de gens. 

Si le tortillard avait surtout une fonction utilitaire (voyageurs, marchandises et courrier), on ne peut pas rester insensible à la découverte des beautés du paysage du plateau cauchois mais surtout de la riante vallée de la Saâne. La traversée de La Fontelaye près des sources de la rivière est un ravissement général.

Motteville attire le voyageur de l'époque et le touriste de maintenant par son église du 18ème siècle construite dans le style du château dont il ne reste plus rien de nos jours. Nicolas Langlois épousa Françoise Bertaud mémorialiste et confidente d'Anne d'Autriche. La commune connut son essor important avec le passage de la ligne Rouen au Havre construite en 1847. La gare État est importante car elle est un nœud ferroviaire qui a abrité longtemps les locomotives à vapeur, celles de la Belle époque. 

Balade sur les traces de la ligne de chemin de fer Motteville à Saint-Valery-en-Caux


CRIQUETOT-SUR-OUVILLE
BOSC-RENOULT-HALTE
(Seine- Inférieure)

Le voyage commence par la traversée de la plaine de Motteville pour rejoindre la RN 29 à la halte de Bosc-Renoult (commune de Criquetot-sur-Ouville) puis à celle de Bosc-Mauger. La voie est alors sur le côté de la route et pose souvent des problèmes à la circulation hippomobile et automobile. Il y avait là un simple arrêt en bordure de la route. la voie traversait la route par un passage à niveau non gardé matérialisé seulement par des panneaux. De nos jours, en raison du passage de l'autoroute et de la construction d'un giratoire, l'endroit a été profondément bouleversé.

Criquetot-sur-Ouville est un village tout en longueur qui nous amène par une route parfaitement rectiligne jusqu'à la halte ferroviaire de Bosc Renoult. Il existe l'église Saint-Martin construite au 18ème siècle et agrandie au 19ème. Le cimetière possède un rare monument de la guerre de 1870-1871. Réplique de la grotte de Lourdes et pèlerinage bien suivi en septembre. Village natal du peintre Charles Angrand, ami de Seurat. 

Histoire de Criquetot-sur-Ouville : disponible
Découverte du village de Criquetot



La gare de Yerville

YERVILLE-GARE
(Seine- Inférieure)


Passage du train devant l'hôtel Bréant


La rue principale du bourg

Après l'arrêt du Bosc Mauger, le train descend vers Yerville. Il faut traverser le centre du bourg, passer devant l'hôtel des voyageurs de Sénateur Bréant, emprunter la route principale du chef-lieu de canton. Dès que le sifflet du tortillard se fait entendre au loin, les habitants n'oublient pas d'aller, au plus vite, fermer toutes les fenêtres donnant sur la grande rue.

Note : La rumeur laissait entendre que le mécanicien avait reçu des ordres pour laisser un beau panache de fumée dans la traversée du bourg, suite à la polémique qui s'était installée sur la rentabilité de la ligne, entre le Dr Perrier de Yerville et Émile Laborie.

 


Intérieur de la gare de Yerville


Le haut du bourg, vers Motteville

Il est 8 h 55 et c'est l'entrée triomphale en gare de Yerville située route de Tôtes. Toutes les gares sont construites sur le même modèle : maison à un étage de 88 m2 environ avec logement du chef de gare, une halle accolée avec un quai haut, des sanitaires et un bûcher. La gare était desservie par la voie principale et par celle de déchargement des marchandises. La construction d'origine a été agrandie et abrite aujourd'hui l'espace Delahaye.

A Yerville, le manoir de Gruchet est une propriété privée et peu visible en raison de la végétation abondante qui la masque. L'ancienne commune de Thibermesnil a été rattachée en 1823. Cette commune possédait un magnifique château dont il ne reste plus rien, sinon quelques pans de murs. Site ancien de Pimont avec son beau pigeonnier. Le village à la population conséquente est un centre attractif où l'on peut trouver tous les commerces, les services et les administrations que peut offrir un chef-lieu de canton.

Découverte du canton de Yerville



La halte de nos jours

MESNIL-CARPENTIER
BOURDAINVILLE-HALTE
(Seine-Inférieure)


Plan de la halte de Bourdainville



La locomotive à charbon Corpet et Louvet 130 T

A 9 h le petit train s'arrête à la halte du Mesnil Carpentier après avoir traversé les herbages, les cours de ferme et rejoint la RN 29. Maintenant, on ne voit plus de traces du passage du train sinon grâce aux plans conservés. Les labourages et les cultures ont repris le dessus sur le tracé de la voie ferrée. La halte de Bourdainville, à l'altitude de 151 mètres est encore bien conservée et sert d'abri à bois. C'est un simple bâtiment construit en briques. Il est 9 h 06 quand la rame s'immobilise à cet endroit pour prendre ou laisser quelques voyageurs.

Bourdainville possède un château sans grand intérêt architectural. La ferme du château présente de beaux bâtiments de briques et de pierres. L'église a été reconstruite vers 1850 et ne présente que très peu de caractère.

Histoire de Bourdainville : disponible
Découverte de Bourdainville



Dans la tranchée de La Fontelaye

LA FONTELAYE-ARRÊT
(Seine-Inférieure)


Le train dans la plaine de Bourdainville



Le château de La Fontelaye

La descente vers Anglesqueville par La Fontelaye est commencée. Le train mettait 21 minutes pour effectuer les 7 km entre Yerville et Anglesqueville dans le sens de la montée et 25 minutes dans le sens de la descente. Il faut laisser le plateau pour rejoindre la vallée de la Saâne. La voie traverse les bois après le passage à niveau de la petite église de La Fontelaye et s'engage dans une tranchée que traverse un pont maçonné supportant un chemin forestier. Le remblai en bordure de route, à proximité de la petite église, est encore bien visible. L'arrêt de La Fontelaye n'est alors matérialisé par aucune construction. Dans tous les cas les abris, s'ils figurent, sont construits par les communes. Quant aux locomotives qui assuraient la traction du train, leur réservoir avait une contenance de 4 m3 d'eau.

La Fontelaye est une petite commune possédant un château important et surtout une charmante petite église rurale au mobilier intéressant. On peut y voir les litres seigneuriales des sires de Bostaquet. Dumont de Bostaquet, protestant, émigra en Écosse au 17ème siècle.



La gare d'Anglesqueville-sur-Saâne (Val-de-Saâne maintenant)

ANGLESQUEVILLE-SUR-SAÂNE
GARE
(Seine- Inférieure)


Arrivée du train


Ancienne gare actuellement

Il est 9 h 19 et c'est l'arrivée en gare d'Anglesqueville-sur-Saâne (aujourd'hui dénommée Val-de-Saâne). C'est la mieux conservée dans son état d'origine car elle n'a subi aucune transformation. On distingue l'abri pour les marchandises, le quai de chargement, le tracé de la voie bien que les rails aient été enlevés après la fermeture en 1947. En principe, le train stationnait environ une minute à chaque halte ou simple arrêt et deux minutes dans les grandes gares. Il y avait de nombreux voyageurs car c'était presque le seul mode de déplacement pour les locaux.

Anglesqueville-sur-Saâne s'appelle aujourd'hui Val-de-Saâne. Elle a été formée de la réunion en 1964 des communes de Thiédeville, Varvannes, Anglesqueville et Eurville. Nombreux moulins. On note les églises de Saint-Wandrille, Saint-Nicaise à Thiédeville. L'eau de la fontaine Saint-Sulpice avait la réputation de guérir les maladies de peau à Anglesqueville. très beau portail de l'ancien château de Varvannes détruit au 19ème siècle et ayant laissé la place à une demeure moins importante.



La ligne entreAnglesqueville et Auzouville

IMBLEVILLE-ARRÊT
(Seine-Inférieure)

THIÉDEVILLE-ARRÊT
(Seine-Inférieure)

 

Le train serpente le long de la Saâne et la voie fait de larges courbes à travers les herbages. Le paysage est bucolique et verdoyant à souhait. L'arrêt de Thiédeville au Mesnil Mascarel se situe à l'intersection du GC 55 avec du GC 2. Ce dernier chemin va servir d'accotement à la voie jusqu'à la halte d'Auzouville-sur-Saâne.

Imbleville est un site antique avec une haute motte. Le village était une possession de l'abbaye de Saint-Wandrille. Magnifique château de la Couture, dans un cadre superbe. Possède un porche avec traces de pont-levis. Le château est entouré de douves qui furent creusées au 19ème siècle afin d'éviter les crues de la Saâne. Belle croix du 15ème siècle dans le cimetière.



La halte d'Auzouville-sur-Saâne

AUZOUVILLE-SUR-SAÂNE
HALTE
(Seine- Inférieure)


Le train en arrêt à Auzouville-sur-Saâne

 A 9 h 32 le tortillard a pris sa plus belle livrée et arrive à la coquette halte d'Auzouville-sur-Saâne. Le bâtiment est sobre mais des bancs permettent le repos des voyageurs en attendant le train. Une petite pièce est réservée au personnel guichetier qui est souvent fourni par les employés des CFN. Le facteur attend le courrier pour le distribuer. Le train, tracté par la locomotive à vapeur, se compose ici d'un wagon de voyageurs encadré par deux fourgons à bagages.

Auzouville-sur-Saâne est le domaine d'Osoulf. Très belle maison à pans de bois datant du 16ème siècle. Moulins à papier, à huile, à blé. Église Saint-Denis sans grand caractère.  



La gare de Saâne-Saint-Just

SAÂNE-SAINT-JUST
SAINT-LAURENT-EN-CAUX
(Seine- Inférieure)

La gare de Saâne-Saint-Just a vu son nom s'allonger par l'accolement de celui du gros bourg de Saint-Laurent-en-Caux. C'est une coutume que l'on retrouve souvent quand un bourg assez conséquent ne sera jamais desservi par le train. On constate aussi cette façon de faire avec les chemins de fer de l'État (Saint-Pierre-le-Viger et la commune de Fontaine-le-Dun sont associées sur un même panneau).

Il est 9 h 41 et nous arrivons à Saâne-Saint-Just, une gare importante de la ligne que l'on retrouve de nos jours assez remaniée. Elle nous rappelle encore le passé. Deux minutes d'arrêt pour faire les échanges de voyageurs et pour charger ou décharger des marchandises, c'est un peu juste mais satisfaisant.

La réunion des villages de bourg de Saâne et de Saint-Just-sur-Saâne au 19ème siècle a donné la commune de Saâne-Saint-Just. Bourg de Saâne fut donné à l'abbaye de Saint-Amand de Rouen. Moulin à blé et huile sur la rivière.



La ligne entre Saâne-Saint-Just et Brachy

BIVILLE-LA-RIVIÈRE-HALTE
(Seine-Inférieure)

RAINFREVILLE-TOCQUEVILLE
HALTE
(Seine-Inférieure)

SAINT-OUEN-SOUS-BRACHY
HALTE
(Seine- Inférieure)

La voie longe la rivière et le chemin départemental GC 2. La halte de Biville est franchie à 9 h 46, celle de Rainfreville à 9 h 52. Au niveau de Biville, se trouvait une distillerie réputée qui sera remplacée, plus tard, par une fabrique de panneaux composés de déchets de lin agglomérés. A Rainfreville, la rampe est de 17 à 20 mm par mètre. Puis la voie redescend au fond de la vallée longeant la beurrerie qui prendra de l'importance en devenant la laiterie de Royville. Celle-ci était réputée pour la fabrication du camembert et du beurre.

L'église Saint-Thibault de Biville-la-Rivière est du 18ème siècle. L'ancienne laiterie de Royville qui fabriquait le camembert est maintenant abandonnée. A Rainfreville, le mobilier de l'église actuelle Saint-Martin est intéressant. Moulin du 18ème siècle sur la rivière Saâne.



Attention au train à Brachy

BRACHY-HALTE
(Seine-Inférieure)

La halte de Brachy apparaît dans le lointain et il est 9 h 59. Le panneau officiel de signalisation du train nous avertit que la voie ferrée va couper la route et qu'il faut faire attention. Ce n'est pas la circulation rare qui pose problème mais la présence des piétons et des chevaux. Les mécaniciens sont vigilants car des accidents mortels ont déjà eu lieu.

la commune de Brachy a été formée de la réunion de Gourel et de Saint-Ouen au 19ème siècle. On comptait sept moulins le long de la rivière qui servait au blé, à l'huile et à la pâte à papier. la paroisse possédait la Confrérie de la Charité dès le 16ème siècle. On note l'usine Legrand de fabrication de pièces électriques depuis 1964, à l'emplacement d'un ancien moulin à blé et à huile. Il s'y trouve une usine de blanchiment du lin. 



Un train en gare de Gueures-ville

GUEURES-VILLE
(Seine-Inférieure)

C'est aussi l'embranchement de la ligne CFN vers Clères. La deuxième ligne Gueures à Clères y prenait son origine. A 10 h 07, c'est l'entrée en gare et la correspondance pour Bacqueville, Tôtes et Clères était souvent assurée. La gare a été aménagée et abrite aujourd'hui la mairie et la bibliothèque. Toute la partie où se trouvait la bifurcation a été vendue au château voisin.


L'ancienne gare de Gueures transformée en mairie

Pour les chemins de fer de Normandie, les lignes d'Ouville-la-Rivière à Motteville et Gueures à Clères ont subi quelques difficultés pendant la Grande Guerre 1914-1918. Le matériel était composé de locomotives à charbon, de voitures voyageurs et de wagons de marchandises. Deux draisines à essence servaient au désherbage de la voie.

A Gueures, on trouve les rivières de la Vienne et de la Saâne. Église Saint-Pierre, manoir de Tocquigny du 15ème siècle. La commune a connu un essor important au 19ème siècle sous l'influence du comte de tocqueville. Maurice Leblanc y est venu. Papeterie importante de 1823 à 1861. L'usine Bourdon fabriquait autrefois des cierges et des bougies. Ancienne cité des textiles Leroux.



La nouvelle gare d'Ouville-le-Rivière

OUVILLE-LA-RIVIÈRE-CFN
(Seine-Inférieure)

Il est 10 h 15 et c'est l'entrée triomphale au terminus où tout le monde descend. La correspondance est normalement assurée pour Dieppe par le grand train (voie de 1,44 m de large). La gare d'Ouville-la-Rivière est le terminus des deux lignes à voie métrique et aussi le dépôt des CFN. Le concessionnaire Laborie avait demandé en vain à l'administration le prolongement de ses lignes vers Dieppe par le littoral et vers Rouen par Clères. La réponse du département a toujours été négative et de ce fait le déficit de la ligne était inévitable.

Aujourd'hui le bâtiment de la gare se trouve dans les dépendances de la DDE. La construction, située en bordure de route et donnée comme gare, a été achevée en 1903, donc bien avant le Tortillard. En réalité, la gare se trouvait un peu à l'écart de la voie État Fécamp à Dieppe. 

L'église ancienne d'Ouville-la-Rivière, dédiée à Saint Gilles, est dotée d'une statuaire intéressante. La paroisse appartenait au prieur de Longueville qui l'avait reçue, au 12ème siècle, de Gilbert de Falaise, seigneur de Cany.  Ouville, du normand Ulf (prairie humide), avait autrefois le nom de  Saint-Gilles-sur-la-Mer. On l'a appelée aussi Ouville-les-Trois-Rivières à cause de la Saâne, du Montceaux et du Bayon ou Clapet, ruisseau qui prend naissance dans l'étang du château.  A noter la croix de Sainte-Apolline et le château de Tous les Mesnils de 1726. Pigeonnier au manoir de Tessy (1583). Gare d'embranchement entre les lignes ferroviaires de l'État et des CFN qui n'existent plus maintenant.


Illustration de l'artiste M. Decarpentry

A l'époque des voyages interplanétaires, pourquoi vouloir ressusciter un petit train appelé Tortillard qui traversait le Pays de Caux de Motteville à Ouville-la-Rivière à 30 km/h. Peut-être par nostalgie d'une période à jamais révolue où ce moyen de transport suscitait le rêve, la crainte autant de sentiments contradictoires dans la poussière et le bruit.... Mais le livre de J.P. Pérez est là pour nous rappeler son épopée gravée encore par endroits dans le paysage (ce que l'homme a bien voulu conserver). Tachons de ne pas l'oublier à jamais.



LE  TORTILLARD  (Seine-Inférieure)
Le chemin de fer d'intérêt local de
Motteville à Ouville-la-Rivière
Jean-Pierre PÉREZ 
Les Cahiers de Terres de Caux n.04

Avant-propos de Michel DECARPENTRY
Historien régionaliste

Préface de François SIMÉON
Maire de Bourdainville

Illustré,  106 pages, 2003.
Prix : 20 €  (port en sus).

Commander


retour