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LES  TRAMWAYS  DE  L'AUDE
Sur les traces de la ligne des TA
Félines-Caunes à Carcassonne par le Minervois  (2ème partie)  

Il faudra attendre 1910 pour poursuivre, en train, son chemin vers Caunes. Il est 15 h 55, après avoir rempli ses soutes d'eau, la locomotive avec ses trois wagons et son fourgon, va devoir quitter la gare de Félines et gravir la côte en forme de S, très bien conservée avec ses parapets maçonnés en pierres de taille, et arriver tout essoufflée au col qui sépare l'Hérault de l'Aude. On aura eu besoin de la bonne volonté de tous les voyageurs pour cette épreuve. On est juste à proximité du moulin restauré et le paysage est splendide .



La voie passa l'Argentdouble sur un pont

TRAUSSE
(Aude)


C'est maintenant la descente vers le château de Paulignan que la voie contourne (la déviation n'excède pas 2 km). La ligne utilise un site propre pour atténuer les rampes, reprend le GC 115 (D 115), évite le village de Trausse qu'elle contourne pour retrouver ce même GC à la sortie vers Caunes. Un pont de 10 m permet de traverser le ruisseau de Canet. Le train arrive à 16 h 12. On ne retrouve maintenant aucune trace de la halte, ni de sa plate-forme. Plus loin, quelques rares vestiges subsistent comme un grand mur de soutènement côté gauche de la route et un pont métallique de 10 m sur le ruisseau du Souc utilisé, actuellement, comme pont routier. Un peu plus loin la voie, en rails noyés, retrouve son site propre devenu maintenant une petite route goudronnée



Le train entre en gare de Caunes

CAUNES
(Aude)


On se dirige vers Caunes par cette route. Encore un pont de 4 m sur un chemin vicinal puis un pont biais de 12 m sur l'Argentdouble, le train gravit une légère côte qui va le hisser jusqu'à la station de Caunes-TA avec son rare BV à un étage encore existant. Elle est située tout à côté de la gare du Midi de la ligne Moux à Caunes. Il n'y avait pas de possibilité de transbordement des marchandises d'un réseau à l'autre. Le train, tiré par la machine n°9, se range le long du bâtiment-voyageurs à étage, près de la halle des marchandises et du château d'eau. Il est 16 h 30 et la prise d'eau va fonctionner si on veut poursuivre le voyage sans encombre.

C'est le 10 mars 1901 que la section Carcassonne à Caunes a été mise en service. C'est aussi la première portion de ligne des TVA construite sur les emprises routières qui nécessita la modification ou la reconstruction des ponts, ponceaux et aqueducs divers. Beaucoup de chemins étroits furent élargis et réempierrés. Les rectifications nécessaires à l'implantation de la voie ferrée permirent un meilleur roulage. Maintenant, il est grand temps que le convoi s'ébranle de la gare de Caunes pour rejoindre le GC 8 (RN puis D 620) par une forte rampe.



La gare du tramway

VILLENEUVE-MINERVOIS
(Aude)


La voie longe la route en accotement gauche, jusqu'à la rencontre du GC 111 (D 111) qui mène à Laure. Le carrefour (la Tuilerie) sert de halte pour desservir ce village et les environs. Il sera impossible d'obtenir un petit abri, pour les voyageurs, malgré les nombreuses réclamations. La traversée du GC 8 mènera le convoi en accotement droit jusqu'à Villeneuve. Au niveau de la coopérative, le train emprunte le chemin des Pins. Il est 16 h 51, la gare est là avec ses installations, mais il n'existe plus rien actuellement. On devine les endroits qui ont servi, ainsi que le chemin qui supportait la voie car le ballast refait surface par endroits. A chaque traversée de petites rigoles et en regardant bien les petits ponts, on peut découvrir quelques rares traces de fondations qui supportaient les tabliers métalliques.



Le train en gare de Villegly

VILLEGLY
(Aude)


Le train reprenait sa route par le GC 112 (D 112) vers Villegly en empruntant la partie gauche de la chaussée après la traversée du pont de 10 m sur la Clamoux. La ligne est construite en accotement complet à gauche sur la route jusqu'à Carcassonne. le train passe dans le village, puis s'arrête à 17 h 09 à la halte de Villegly qui existe toujours à la sortie du village (du moins le bâtiment sans porte ni fenêtre côté route). Plus loin, c'est la station de Bagnoles, village à 1 km du chemin de fer. Mais la marche à pied ne faisait pas peur aux gens de cette époque.



La traversée du village de Villalier

VILLALIER
(Aude)


Un peu plus loin à Villalier, on ne retrouve aucune trace des rails ni des bâtiments sinon en plans et en cartes postales anciennes. La voie longeait l'ancienne mairie-école. Le pont de 10 m à trois arches sur l'Orbiel est franchi ainsi que celui de 10 m sur le ruisseau du Trapel, à l'endroit où la route fait un Z.



Le train dans toute sa splendeur

CARREFOUR de BEZONS
(Aude)


Le tramway, après toutes ses épreuves, arrive à la gare de bifurcation du Carrefour de Bezons à 17 h 39. Le BV se trouvait entre la route de Conques et celle de Villalier et accueillait les gens de Villemoustoussou et des environs. Un faisceau de trois rails régulaient le trafic. Outre les trains de voyageurs, de nombreux trains mixtes ou marchandises circulaient sur ces voies. C'est à Bezons, que le train de Conques a rejoint celui de Lézignan le 5 février 1902, plus tard prolongé jusqu'à Lastours le 15 juin 1903. Le tronc est commun pour ces deux lignes jusqu'à Carcassonne. Le train longe les bords du Canal du Midi en musardant sur la RN 118, s'arrête à la halte importante de Saint-Jean et arrive à la petite gare de Carcassonne-TA, face à celle du Midi. Les correspondances ne sont pas toujours assurées. A en juger par le tableau des horaires, le train de 17 h 14 pour Lastours est déjà parti depuis 5 minutes quand celui en provenance de Lézignan-Caunes arrive.


                 
CARCASSONNE
(Aude) 


                  

On peut lire sur une ancienne carte postale représentant la cité ; Il ne faut pas mourir sans avoir vu Carcassonne. Cette phrase résume tout ce que l'on pourrait écrire sur cette ville. c'est la Préfecture de l'Aude, le siège de toutes les administrations et le point de départ des TVA vers le Minervois et la Montagne Noire. Grâce aux petits trains, les populations les plus reculées ont pu faire connaissance plus facilement avec leur chef-lieu dès 1901 et les échanges commerciaux se sont mieux développés.

Il est 17 h 56 quand le tramway à vapeur, venant de Lézignan et bondé comme à l'accoutumée, passe sous le pont du chemin de fer de la ligne Toulouse-Narbonne en rails noyés, marque un arrêt à cet endroit puis vient se ranger tranquillement près du grand bassin du Canal du Midi longeant le jardin des Plantes. Le voyage s'achève pour aujourd'hui. C'est le terminus, tout le monde descend, assurez-vous de n'avoir rien oublié dans les voitures. La locomotive ira se refaire une beauté au dépôt de l'Estagnol et demain, le même train sera en gare pour le voyage inverse. La direction des Tramways de l'Aude vous informe que le prochain voyage pour Lastours (depuis 1903) aura lieu à 6 h du matin et desservira les stations de Bezons, Conques et Lastours (arrivée à 7 h 15). Le deuxième train partira de Carcassonne à 6 h 17 du matin et desservira toutes les gares jusqu'à Lézignan-Midi (arrivée à 10 h 44). En attendant, nous vous souhaitons un agréable séjour dans notre ville.

La ligne des Tramways de Lézignan à Félines-Caunes (1ère partie)


HISTOIRE  DES  CHEMINS  DE  FER

du Minervois (Aude et Hérault)
des Vallées du Thoré, de l'Agoût et du Gijou (Tarn) et du Jaur (Hérault)

Les Tramways de l'Aude
Les Chemins de Fer de l'Hérault
La Compagnie du Midi Aude et Tarn
Le Chemin de Fer Départemental du Tarn

Collection LES CAHIERS DE MINERVE

Illustré
En préparation  

On aura un aperçu des projets éphémères les plus divers comme celui du chemin de fer Decauville qui aurait pu relier Béziers à Azille par Quarante, Cruzy, Bize et Olonzac ou celui de Villedaigne dans l'Aude (gare du Midi) à Olonzac. Le vieux rêve, d'origine militaire et économique, était d'assurer la liaison Nord-Sud et de joindre Labastide ou Courniou à Bize, Caunes ou Saint-Chinian. Autant de projets évoqués, étudiés, souvent justifiés mais non réalisés.

L'étude portera aussi sur les lignes secondaires de la Compagnie du Chemin de fer du Midi à voie normale comme Moux à Caunes, Narbonne à Bize, Colombiers à Cruzy. l'Intérêt Local Béziers à Saint-Chinian avait une vocation viticole et minière. La ligne mythique, à voie métrique en accotement des routes ou en site propre, des tramways de l'Aude avec Lézignan à Carcassonne par le Minervois Aude et Hérault, est décrite. Sa construction s'est échelonnée de 1901 à 1910 sur 67 km et son existence a été éphémère puisque sa fermeture est intervenue dès 1932. Il faut le dire, c'est à cause surtout de la concurrence routière.

La grande ligne Tarn-Hérault par le col de la Fenille a été la plus longue à être livrée à la circulation. Pourtant, le train est arrivé à Mazamet en 1866 pour la première fois venant de Castelnaudary en passant par Castres. Le prolongement par la Vallée du Thoré a été laborieux. En 1883, la ligne arrive à Saint-Amans-Soult, puis en 1889 à Saint-Pons et Bédarieux.

On aura aussi une pensée pour le petit train, à voie métrique, de Castres à Brassac et Murat-sur-Vèbre. Il a nécessité de nombreuses prouesses techniques lors de sa construction. Beaucoup de lignes ferroviaires ont disparu dans l'indifférence totale et seules subsistent Castres à Mazamet (service voyageurs), Narbonne à Bize (réseau touristique) et Colombiers à Cazouls-les-Béziers ( service marchandises).


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