Petite étude nouvelle... Abrégé d'histoire des châteaux cathares...Différents sièges...


CHÂTEAUX  CATHARES  DE  LANGUEDOC
Carcassonne, Saissac, Minerve, 
Ventajou, Termes, Durfort, Puivert, Cabaret, Hautpoul


TABLEAU  CHRONOLOGIQUE  ET  RÉSUMÉ 
CONCERNANT  LES  DIFFÉRENTS  SIÈGES  DÉCRITS
 AVEC  L'INDICATION  DU  NOM  DES  CHÂTEAUX,  DE  LEURS  SEIGNEURS ,
DE  LA  DATE  D'ABANDON,  DE  REDDITION  OU  DE  CAPITULATION


* BÉZIERS : 22 juillet 1209. Arrivée de l'armée de Simon de Montfort. Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. Massacre de 20 000 habitants.

* NARBONNE : 1209, soumission de la place par Aimeri de Narbonne. Poursuite de l'Host vers carcassonne.

* CARCASSONNE : 1er au 15 août 1209. Siège de la Cité sous la conduite du légat Arnaud Amaury. Le vicomte Trencavel est retenu prisonnier par surprise.

* SAISSAC : Août-septembre 1209. Abandon du château par Bertrand de Saissac.

* MINERVE : Juin-Juillet 1210. Siège et capitulation de Guillaume IV de Minerve. Bûcher de 140 à 180 hérétiques brûlés vifs.

* VENTAJOU : Fin juillet 1210. Pierre Roger de Ventajou fait sa reddition.

* TERMES : Août-23 septembre 1210. Siège et capitulation de Raymond de Termes. Fuite et prison.

* DURFORT : Fin novembre 1210. Guillaume de Durfort est dépossédé de ses biens.

* PUIVERT : Automne 1210. Siège du château de Puivert. Bernard de Congost abandonne la place forte.

* CABARET : Mars 1211. Reddition de Pierre Roger de Cabaret.

* HAUTPOUL : 11 avril 1212. Siège et capitulation de Izarn d'Hautpoul. Fuite et abandon de la place forte.

CHÂTEAUX CATHARES DE LANGUEDOC

  



Vieux Pont et église Saint-Nazaire

 BÉZIERS
(Hérault)

Le vicomte de Béziers, Roger II Trencavel, fut avec le comte de Toulouse, Raymond VI, le principal défenseur de l'hérésie albigeoise dans la région. Aussi la croisade commença par la prise de Béziers en 1209. 7000 personnes selon certains auteurs, 12000 selon d'autres furent tués. La ville fut brûlée le 21 juillet, ce fut un massacre dans l'église de la Madeleine où les habitants s'étaient réfugiés.



La cité vue du Nord

 LA CITÉ DE CARCASSONNE
(Aude)

 

Le siège de la CITÉ de CARCASSONNE est conduit par le légat Arnaud Amaury. Le 3 août 1209, le bourg, premier faubourg, tombe aux mains des croisés sans difficultés. Le 7 août, les assiégés abandonnent le Castellar, faubourg à l'extérieur de la cité, après une résistance farouche et des attaques sévères contre les ennemis. Hélas, le vicomte est victime d'une traîtrise de la part des croisés. Se rendant à la tente du légat pour parlementer, il est fait prisonnier au mépris des lois de la guerre et enfermé dans des tours de la cité. Les autres chevaliers ont tous rejoints leurs châteaux en vue de l'organisation de la résistance. Mais la perte de la cité de Carcassonne, l'indécision du roi d'Aragon et la faiblesse du Comte de Toulouse devaient marquer un tournant décisif dans la guerre d'invasion. Il ne restait plus à Simon de Montfort qu'à parfaire ses conquêtes en forçant les châteaux un à un.



Le château de Saissac autrefois

SAISSAC
(Aude)

 

Le château de SAISSAC est bâti sur un contrefort rocheux, entouré de précipices, près de la Vernassonne. C'était un puissant castel. Toutefois nous ne retrouvons pas ses fortifications du 13ème siècle. Les ruines actuelles appartiendraient à des constructions du 16ème siècle. Bertrand de Saissac, protecteur des cathares, ne pouvaient se résoudre à livrer ses bonhommes. Sa place forte aurait dû suffire à les protéger. Les murs étaient hauts et les remparts, qui entouraient le village, devaient rassurer toute cette population grouillante et confiante en la force de son seigneur.

Mais hélas, Bertrand de Saissac, en abandonnant ses biens, devint faidit. Simon de Montfort investit la place sans grande difficulté, ni grande résistance. Les habitants ayant abandonné le château fin août-début septembre 1209, celui-ci fut donné à Bouchard de Marly, cousin de la comtesse Alix de Montfort, qui installa une forte garnison. la place devint un soutien pour Simon de Montfort. Les sires de Saissac furent dépossédés de leur terres. Lambert de Thury garda la plus grande partie de leurs domaines, y compris le château. 



La cité de Minerve

MINERVE
(Hérault)

 

C'est à la demande des habitants de Narbonne, que Simon de Montfort entreprit le siège de la cité de MINERVE vers la fin de la fête de Saint Jean-Baptiste, l'an 1210 de l'Incarnation. Ceux-ci s'engagèrent à l'aider plus efficacement qu'ils ne l'avaient fait jusqu'alors. Ils agissaient ainsi parce qu'ils étaient en butte aux vexations continuelles des habitants de Minerve, et que le souci de leurs intérêts personnels les poussait plus que le zèle de la religion chrétienne. Guillaume de Minerve préparait la stratégie de défense en compagnie de ses chevaliers. Le siège fut une tragédie historique. Le légat du pape encourage à la bataille. Celle-ci sera dure et sans pitié.

Il y avait là, vers juin-juillet 1210, le vicomte Aimeri de Narbonne avec ses machines de guerre, présent ici par intérêt, Gui de Lucy et ses gascons, Jean de Monteil, Robert de Mauvoisin et Simon de Montfort avec ses pierriers, mangonneaux et la Malevoisine, la dame et la reine de ses pierriers, celle que les hommes de Guillaume essayèrent de détruire, en vain. Mais... nos français et ceux de la région champenoise, Manceaux et Angevins et Bretons de Bretagne, Lorrains et Frisons et gens d'Allemagne les en firent sortir de force avant la moisson... C'était le 22 juillet 1210, la place ayant capitulé, les croisés entrèrent dans Minerve en chantant le TE DEUM, précédés de la croix et des drapeaux de Simon de Montfort. Ils se rendirent aussitôt dans l'église qu'ils réconcilièrent et ils arborèrent sur le clocher, d'un côté l'étendard de la croix et de l'autre celui de Simon. Un énorme bûcher fut dressé et plus de cent quarante, voire cent quatre-vingts Parfaits et Parfaites aimèrent mieux s'y précipiter que de se convertir. Il ne fut pas nécessaire qu'on les jetât, ils s'y précipitèrent d'eux-mêmes avec un courage digne de la meilleure cause.

La déesse romaine Minerva

Simon de Montfort et les châteaux cathares du Minervois : à découvrir

Livre d'Histoire et de Géographie de Minerve : Épuisé
Découverte de Minerve
Le patrimoine de Minerve


Le château de Minerve dans son environnement


VENTAJOU FÉLINES-MINERVOIS
(Hérault)

 

VENTAJOU, chef-lieu du pays de Ventajou aux 10ème et 11ème siècles, est situé sur une haute montagne entourée de ravins très profonds. Le château fut entièrement démoli, par l'armée de Simon de Montfort en représailles. Nous étions le 22 juillet 1210, Pierre de Vaux Cernay, chroniqueur,  écrivait... la ville de Minerve ayant été prise vers la fête de la Bienheureuse Marie Madeleine et pourvue d'une garnison, notre comte Simon de Montfort vit venir à lui un certain chevalier, seigneur de Ventajou, qui se rendit à lui avec son château. Comme les chrétiens avaient beaucoup souffert à cause de ce château, notre comte se dirigea de ce côté et renversa le donjon de fond en comble... Pierre Roger de Ventajou fit donc sa soumission après la prise de Minerve. Jamais la forteresse ne fut relevée. On trouve au sommet de la montagne : les restes d'une citerne et le tracé des constructions et du donjon.

Les châteaux cathares du Minervois
Découverte du canton de Peyriac-Minervois



Les restes du château


TERMES
(Aude)

 

Le castrum finarum, TERMES, séparait les domaines des comtes de Carcassonne et du roi d'Aragon. Il était possédé par une famille puissante de seigneurs féodaux, vassaux du vicomte Trencavel et de l'abbaye de Lagrasse. Le château domine le village et a subi un siège mémorable pendant quatre mois. En automne 1210, Simon de Montfort fit prisonnier Raymond de Termes qui fut enfermé dans la cité de Carcassonne pendant plusieurs années. Ce puissant château était entouré, par nature, de profondes vallées et on ne pouvait y accéder que d'un seul côté. 

Olivier de Termes fut un grand capitaine de son époque. Il participa à la révolte de Trencavel, s'attacha ensuite au Roi de France et se croisa pour la Terre Sainte au côté de Louis IX. Le sire de Joinville, devant son comportement, grâce à son courage et à sa volonté, en fit le meilleur éloge. Saint Louis lui rendit toutes ses terres, y compris Aguilar, excepté le château de Termes. Olivier de Termes portait... d'argent au lion de gueules...



Les ruines du château de Durfort


DURFORT

VIGNEVIEILLE
(Aude)

 

DURFORT, hameau de Vignevieille, fut longtemps une communauté séparée. Ce n'est qu'au 18ème siècle qu'eut lieu son rattachement administratif. Paroisse indépendante jusqu'en 1802. Sur les rives de l'Orbieu, altitude 224 mètres, le hameau de Durfort conserve les restes d'un château fort qui fut, au 11ème siècle, le berceau d'une famille importante et puissante en Languedoc. Premières mentions de Bertrand de Durfort en 1093. Ces seigneurs étaient les vassaux de ceux de Termes et de Carcassonne. En 1212, Guillaume de Durfort perd ses biens de Fanjeaux au profit de Robert de Mauvoisin. En 1215, une sentence arbitrale adjuge le Termenès et la seigneurie de Durfort à Alain de Rocy et aux principaux lieutenants de Simon de Montfort. 



Le château de Puivert


PUIVERT
(Aude)

 

Le château de PUIVERT (castri de Podio Viridi) fut le rendez-vous des troubadours de la province dès 1170, avec Bernard de Ventadour, Peire d'Auvergne, Rosine de Peire. Les ruines, qui s'élèvent actuellement, dominent le village de leur silhouette majestueuse. On y voit le donjon, les tours, la grande cour, les murailles, les salles ornées de fines sculptures. L'entrée principale de forme ogivale est surmontée du blason des Bruyères... le lyon à la queue fourchue et nouée...

Au bout de trois jours de siège impitoyable, c'est la capitulation. une grande partie de la garnison et leur seigneur Bernard de Congost s'enfuient par des souterrains à travers les bois. En 1213, Lambert de Thury prend le titre de seigneur de Puivert, mais les terres reviendront plus tard à Pons de Bruyères le Chatel, commençant ainsi, une longue lignée de nouveaux seigneurs.



Les châteaux de Lastours

 

CABARET
LASTOURS
(Aude)

 

Le château de CABARET était la résidence de Pierre Roger en 1209. C'était le plus grand et comportait un donjon, un logis et une enceinte fortifiée avec un chemin de ronde. Tour Régine ou Tour neuve ou nove semble être postérieure à la Croisade puisque datant de 1260. Elle possède une belle voûte et se trouve au Sud de Cabaret. Surdespine ou Fleur d'Épine est mentionnée en 1153 (castellar de Surdespina) et a fait l'objet d'un différent avec le comte de Carcassonne au sujet de sa construction. Elle comprenait un corps de logis avec enceinte extérieure. Quertinheux est plus à l'Ouest. Construite sur un piton rocheux, elle surplombe le village actuel. Une chapelle dédiée à Sainte Catherine servait de lieu de réunion aux délégués de la Châtellenie. Pierre Roger de Cabaret, en mars 1211, capitule face à Simon de Montfort. Il reçoit du comte une autre terre digne de lui. Les seigneurs des autres tours se retirèrent sur les domaines qui leur restaient. 



Village d'Hautpoul


HAUTPOUL

MAZAMET
(Aude)

 

Le château d'HAUTPOUL, situé dans le Tarn, commandait l'entrée de la Montagne Noire et veillait sur la plaine de Mazamet. Il était bâti au penchant d'une montagne haute et escarpée, sur des rochers énormes et presque inaccessibles. Le combat fut rude à cause de la nature du terrain et de la position très haute du village et du château. Au bout du quatrième jour de siège, à cause de la pierrière et du brouillard, les assiégés, frappés d'un terreur envoyée par Dieu et saisissant l'occasion d'un temps favorable, sortirent du château et prirent la fuite. Les autres furent occis et le château détruit de fond en comble et incendié. Le choc fut terrible. Quelques habitants misérables, qui avaient résisté à cet autodafé, fondèrent dans la vallée, sur les bords de l'Arnette vers 1218, le premier noyau de ce qui devait devenir plus tard Mazamet.


Vue générale d'Hautpoul


Vieilles maisons du village


Il reste maintenant le village d'Hautpoul et quelques ruines imposantes. Il est arrosé, à ses pieds, par l'Arnette, rivière aux grandes vertus pour la laine de tous pays. il est exact que le site est grandiose et qu'en son temps, cette forteresse pouvait impressionner. Encore de nos jours, nous voyons des vieilles maisons accolées les unes aux autres. Le chemin de traverse a une pente extraordinaire. La vieille porte restaurée, avec sa meurtrière, est toujours là comme pour témoigner du temps passé. Aussi, les ruines du château du haut et du bas conservent-elles le souvenir de ses puissants seigneurs, prospecteurs d'une des civilisations les plus prospères du royaume. Les d'Hautpoul portaient : " d'or, à deux fasces de gueules, accompagnées de six coqs de sable, la patte droite levée, crêtés, becqués et barbés de gueules et la patte posée 3, 2 et 1 ". Ils furent dépossédés et créèrent alors plusieurs branches dont celle de Félines-Ventajou. Un des derniers seigneurs fut Jourdain de Saissac qui mourut en 1283.


Vieille porte d'entrée


Rue intérieure


On peut visiter à pied le village médiéval d'Hautpoul à partir de la route nationale. On ne manquera pas d'admirer les impressionnantes défenses naturelles et les vieux édifices modifiés par le temps. En 1949, sur la partie la plus haute du village, autrefois la tour des guetteurs, on installa la statue de la Vierge. " Notre Dame d'Hautpoul a été dressée par la ferveur et l'élan d'une population qui a su s'élever au-dessus des barrières qui la séparent " déclarait Monseigneur Puech, évêque d'Albi lors de l'inauguration. Une plaque rappelle que le 15 août 1976, pour la première fois, la messe fut concélébrée par Monseigneur Théas, ancien évêque de Lourdes.
Livre d'Histoire et de Géographie de Bout-du-Pont-de-Larn : disponible
Châteaux cathares du Minervois


CHÂTEAUX  CATHARES
de  LANGUEDOC 


Abrégé d'histoire de
Durfort, Hautpoul,, Lastours, Minerve, Puivert, Saissac, Termes, Ventajou


Les Carnets de Minerve

Illustré.

Épuisé

Quelques Châteaux Cathares de Languedoc, victimes de la Croisade Albigeoise, sont décrits pendant leur siège par les troupes de Simon de Montfort et du Pape Innocent III. Avec un tableau concernant les différents sièges et les dates d'abandon, de reddition ou de capitulation. La carte donne l'itinéraire de l'ost de Simon de 1209 à 1212, à travers les terres de Trencavel, Comte de Carcassonne. 


retour